vendredi 20 février 2009

5 janvier 2008

C'était un soir de décembre. L'année dernière, déjà... Etant, comme souvent, dans cet état de disponibilité que procure l'absence de projet d'aucune sorte, j'allais de la cuisine au salon, traînant cette forme d'ennui mêlé de pensées de toutes sortes, des plus incongrues aux plus prosaïques, caressant l'un ou l'autre chat au passage. Et puis, comme il arrive, je me suis retrouvé devant la télé, que j'ai allumée, pour voir, au cas où. Et j'ai fort bien fait. Il y avait, sur Arte, un téléfilm. Aussi bon et intelligent qu'un vrai film. Dans cette histoire, il était une fois les deux fils de leur père, ce qui ne vous surprendra pas, lequel, ancien héros de la résistance et député vient juste de passer de vie à trépas. Germe alors, dans la tête de l'un (Olivier Gourmet) l'idée de proposer à l'autre (Hyppolite Girardot) de se présenter aux élections et de prendre la relève du défunt. Et donc les voilà en pleine campagne électorale, dans la belle ville d'Annecy, avec son lac entouré de montagnes aux flancs verdoyants. Et lui, le candidat, secondé par un conseiller en communication (pouffons un peu), pressé par son frère, plus ou moins soutenu par sa légitime, distrait de ses occupations de chef d'entreprise, le voici, de meeting foireux en déambulations sur les marchés et visites aux commerçants locaux, le voici de plus en plus en porte-à-faux, de plus en plus éloigné du rôle qu'il est sensé jouer dans un spectacle qui, manifestement, n'est pas fait pour lui. Je vous passe les détails, je n'ai pas la place pour vous en dire plus. Simplement, ceci: n'entre pas en politique qui veut. En l'occurrence, celui-ci, que l'on voit se promener en solitaire dans les vallons, qui frémit d'allégresse devant la beauté des choses et des animaux, pique une saine colère dans un bistro, se mettant évidemment à dos le tenancier des lieux. Le même, encore, qui se lance dans des discours plus chargé de poésie que de lieux communs et de rhétorique creuse, on voit bien qu'il na pas, qu'il ne pourra jamais avoir sa place sur les bancs d'une quelconque Assemblée. La langue qui est en usage dans les sphères de tous les pouvoirs n'a rien de commun avec celle que l'on parle ailleurs, ce grand ailleurs multiforme qui est peuplé de gens comme vous et moi, qui ne demandent pas l'impossible à la vie, dont les rêves sont à la hauteur d'un quotidien parfaitement banal dans lequel, de loin en loin, scintille tel moment, telle image entrevue au carrefour des petites aventures qui s'offrent aux coeurs légers et apaisés. Il est des carrières qui ne s'accordent qu'à des consciences par avance ou très tôt soumises aux attraits des honneurs, des prétendues responsabilités, de la soif de pouvoir et des attributs illusoires qu'il est sensé entraîner. Et l'on a pu vérifier, à l'occasion de la crise qui s'est ouverte il y a plus de six mois, que l'exercice des affaires, des débats et des disputes menés en haut lieux, n'allait pas sans cette dose de rouerie, de faux semblants, d'omissions de toutes sortes, de calculs et de coups bas distribués sous le couvert de la vertu outragée. Pour le dire simplement, la classe politique ne sort pas grandie de cette lamentable mascarade. Et le pire – à moins que ce soit le meilleur – c'est que les néo-citoyens savent maintenant que tout cela n'était qu'une mascarade. Et il n'aura échappé à personne que, le gouvernement de fortune à pein formé autour de grandes promesses, on a vu quelques ministres, les nouveaux et les recasés, des chefs de parti et leur progéniture, partir en vacances, le coeur léger, la conscience parfaitement tranquille. Décidément pour le meilleur et surtout pour le pire, on vit une époque vraiment formidable.





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