dimanche 8 février 2009

2 décembre 2000

Amis des salles obscures, je ne vous apprendrais rien en signalant au passage que sans nos amies les bêtes le cinéma ne serait pas tout à fait ce qu'il est; de Sheeta l'inséparable amie de Tarzan à Rintintin en passant par la présence anonyme des chevaux dans les films de cow-boys et indiens et des toutous de toutes sortes qui accompagnent les belles héroïnes, des chats qui se prélassent sur les couettes des couples d'amoureux, le 7 ème art a depuis longtemps adopté les animaux qui, même, parfois, chez Walt Disney par exemple, sont les principaux acteurs de certaines histoires. Et vous aurez sans doute remarqué qu'il arrive qu'au générique de fin de telle ou telle production, on indique que les charmantes bestioles qui apparaissent dans le film n'ont subis aucun sévices et qu'à l'issue du tournage elles se portent parfaitement bien. Maintenant, qu'à l'occasion de batailles particulièrement féroces entre Romains et Germains ou entre Anglais et Écossais, l'un ou l'autre cheval ait été un peu secoué, c'est inévitable et on peut supposer qu'alors de braves garçons se soient dévoués pour le consoler et lui expliquer que ce n'était que du cinéma et qu'après la cinquième prise, c'est promis, il aurait droit à un beau paquet d'avoine. Et puis, faut-il que j'insiste sur les extraordinaires documents que l'on a l'occasion de voir au petit écran et sur le grand quand ça se trouve, consacrés à la vie des animaux qui peuplent les lointaines savanes et forêts, les glaces du grand nord ou la profondeur des océans. Qu'y a-t-il de plus touchant qu'un éléphanteau accompagnant sa mère pour sa première baignade, quoi de plus merveilleux que le chant des baleines à bosse, que le bruissement léger des bavardages entre dauphins, je vous le demande. Et pourtant, devant la prodigieuse diversité du règne animal, devant les signes évidents et incontestables, chez certains animaux, d'une intelligence et d'un sens social dont pas mal d'entre-nous feraient bien de s'inspirer, il se trouve encore des gens, on les a vu il n'y a pas longtemps et ces images ont fait le tour du monde, ce qui est une excellente chose, il y a, disais-je, des individus prétendument humains qui frappent et martyrisent, passent littéralement à tabac de ces grosses bêtes paisibles et douces que sont les vaches, les boeufs et leurs petits; il existe encore, aujourd'hui, dans ce monde si plein de haute technologie et de prouesses de toutes sortes, alors que nous approchons de mars, que les grands mystères de l'ordre des choses sont en passe de révéler des explications qui pourraient bien bouleverser fondamentalement la manière dont nous voyons et sentons l'univers, il y a, peut-être à quelques mètres de chez vous, un de ces endroits qu'on ose appeler laboratoire et où s'exerce l'expérimentation animale. Ce qui, en réalité doit se dire: tortures innommables infligées à des animaux -souris, rats, chiens, chats, lapins- au nom de la science et de la recherche médicale. Les plus grands esprits, les plus prestigieux professeurs et médecins disent tous que, de toute façon, ces prétendues recherches ne font pas avancer la médecine, ni la recherche pharmaceutique, ni quoi que ce soit d'autre et, de toute façon, la question n'est pas là; le docteur Vandeput, neuropsychiatre et chef de clinique adjoint à l'hôpital universitaire Brugmann déclare ceci: "je me refuse à discuter de l'utilité ou de l'inutilité de l'expérimentation animale; on ne discute pas de l'utilité ou de l'inutilité d'un crime, on discute de savoir s'il est un crime ou non". Ce que je n'arrive pas à imaginer, moi, c'est que le salaud et l'enfant de salaud qui est capable de taper comme un forcené sur une vache ou sur un veau, le salaud qui tranche dans la chair d'un animal vivant, un animal qui connaît la souffrance mais qui ne peut pas supplier qu'on arrête de le supplicier, je n'arrive pas à imaginer qu'il puisse rentrer en chantonnant à la maison et s'endormir l'âme en paix et repartir, le lendemain, le coeur léger, pour son travail, ce fameux travail de bourreau innocent; et ne venez pas me sortir que tout ça c'est de la sensiblerie, qu'il y a des problèmes plus graves, des enfants battus et martyrisés par leurs parents, la guerre, la famine et tout ce que vous voulez. Sans blague ça commence où et ça finit où, l'humanité, hein ? je vous le demande...






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